Agir contre l’exclusion sociale

 

ENTRETIEN AVEC DEUX MARRAINES DU DISPOSITIF DUOS DE DEMAIN

Marise et Françoise, deux marraines du dispositif Duos de Demain depuis début 2019 se livrent autour de leur parrainage auprès de Mohammed, jeune étudiant Syrien arrivé en France en avril 2019 et accompagné par le CPH durant un an à partir d’octobre 2019. Duos de Demain est un programme de parrainage citoyen de personnes réfugiées, mis en place par France Terre d’Asile avec qui l’ARSL a conventionné. Les deux marraines ont connu ce dispositif par le biais de deux personnes : une bénévole au Secours Populaire et une personne intervenant à la Maison des droits de l’Homme. 

Comment s’est passée votre arrivée dans ce dispositif ? Comment les évènements se sont déroulés ?

Marise – Nous avons d’abord eu une réunion d’information où les grandes lignes du projet Duos de demain nous ont été présentées, ensuite, on nous a demandé si l’on souhaitait s’engager. Ce à quoi nous avons répondu oui !

Françoise – Après il y a eu la rencontre physique avec Mohammed.

Avec Mohammed, quels étaient vos missions ? Vous l’avez aidé sur quels aspects ?

Marise – Ça s’est fait en plusieurs temps. Au départ, il avait peu de contacts avec des français, il n’avait donc pas l’occasion pour s’exercer et pour vérifier ses capacités à communiquer en Français. C’était principalement pour mettre en pratique et vérifier ce qu’il apprenait dans ses cours de français à l’université, au sujet de son quotidien, de sa vie d’étudiant et de sa vie familiale. Ensuite, nous l’avons rencontré, nous avons passé une journée ensemble durant l’été 2020. Nous avons pu faire plus ample connaissance et constater qui il est véritablement, c’est un jeune qui est porteur de beaucoup de valeurs, il se sent investi d’un devoir de transmission. Il a rencontré ma famille, Françoise était présente, nous avons déjeuné ensemble, il a joué avec mes fils, c’était une journée très récréative.

Ensuite, les relations téléphoniques se sont poursuivies. Normalement, il y a un contrat qui définit la durée, mais nous avons poursuivi sans prendre en compte la fin du contrat. Les contacts étaient très épisodiques mais rien n’enlevait sa joie d’être au téléphone avec nous. On a instauré une relation de confiance entre lui et nous.

Françoise – Je pense qu’il s’est bien intégré dans le milieu universitaire, il est très autonome. Notre relation est plutôt amicale.

Marise – C’est devenu un repère pour nous, on parle très souvent de lui. C’est quelqu’un qui aime créer le lien, il est chargé de l’accueil des étudiants étrangers à l’université. Il a le sens de l’accompagnement.

Il met donc à profit lui de son coté, ce que vous lui apportez, pour d’autres étudiants ?

Marise – Ça fait partie de sa personne.

Françoise – Il a envie d’être naturalisé français et nous avons parlé de laïcité avec lui, et il en a bien compris les bases. Il essayait de les faire passer aux Syriens avec qui il a des contacts. Il est très pédagogue. C’est une personne croyante mais il comprend les enjeux de la laïcité.

Qu’est-ce qui vous plait à travers ce parrainage ?

Françoise – D’un terme générique, c’est d’être utile, de pouvoir l’aider lui et sa famille, à s’intégrer. Si on peut apporter une petite pierre à l’édifice, c’est toujours mieux.

Marise – On est utile oui, mais c’est compliqué de mesurer notre niveau d’implication. Ce que je trouve intéressant, c’est d’apporter une aide qui ne soit pas intrusive, on n’intervient pas directement dans sa vie. On est là, à son écoute, s’il a envie de parler. On n’est pas forcement capable de s’engager dans un accompagnement très intense des personnes qui arrivent en France. C’est juste un petit coup de pouce et s’il est reçu comme un repère à un moment donné, c’est déjà suffisant. Au départ, le fait que le contrat soit de 6 mois est intéressant puisque dans certaines situations, cela peut suffire.  Je ne sais pas comment va continuer notre relation avec Mohammed, on va continuer à l’appeler de temps en temps mais dans la durée on verra en fonction de ses attentes et ses besoins. Ce n’est pas un engagement très fort, c’est un engagement qui permet aux uns et aux autres de maintenir des distances, si on souhaite maintenir des distances.

 

Retrouvez les modalités et précisions concernant le dispositif Duos de demain en cliquant ici

ARSL
8, rue boileau
87350 Panazol
05.55.77.57.77


Nous contacter